C’est amusant quand même…

Depuis toutes les années que je fais ce métier, il n’y a QU’UNE seule chose qui permet de savoir à peu près combien gagne un créateur.

Et cette chose-là n’a pas changé depuis dix ans.

Y a t-il une corrélation entre le nombre de vues et les revenus ?

Si tu compares le nombre de vues de plusieurs créateurs que tu connais, et qui t’ont parlé de leurs résultats financiers, tu te rends vite compte que les vues n’ont que très peu d’impact sur les ventes.

Certains encaissent 30 ou 40 000 euros par mois avec 400 vues par vidéo (c’était mon cas il y a quelques années).

Et d’autres peinent à dégager 5 000 euros par mois avec 100 000 vues par vidéo ou plus.

Parmi les créateurs que je connais, il faut se rendre à l’évidence : le nombre de vues est la variable qui permet LE MOINS de prédire les résultats.

Bien sûr, il faut quand même avoir quelques centaines de vues pour faire des ventes. Mais passé le cap de quelques centaines de vues, ce n’est plus du tout un moyen fiable de faire la différence.

Pourquoi ?
Tout simplement parce que les contenus qui attirent le grand public sont aussi ceux qui vendent le moins…
Et qu’on peut créer un contenu divertissant qui attirera beaucoup de monde, sans pour autant qu’il soit possible d’y vendre quoi que ce soit.

A comparer avec 100 ou 500 vues de vrais fans, de personnes qui te connaissent et qui te font confiance, c’est le jour et la nuit.

Je suis le mieux placé pour en parler : ma vidéo la plus vue (160 000 vues) n’a jamais rien vendu. Et j’ai des vidéos de 600 vues qui ont rapporté plus de 15 000 euros !

Bref. Le nombre de vues ne suffit pas pour prédire les revenus, si on n’a pas d’autres informations.


Ça reviendrait à essayer de calculer ses chances d’attraper un virus en fonction de la couleur de son canapé.

Alors… peut-être que la clé se trouve ailleurs…

Lorsqu'on reçoit plus de likes, fait-on plus de ventes ?
Attention, c’est une question piège…

Bien entendu, on est tous conscients qu’un contenu fait pour divertir obtiendra davantage de likes qu’un contenu pédagogique.
Et qu’un contenu pédagogique amènera forcément plus de ventes qu’un contenu divertissant.

Mais ça va bien au-delà de ça :

Historiquement, mes vidéos qui ont fait le plus de ventes sont celles qui ont eu le PLUS de pouces rouges (“likes négatifs”) sur Youtube !

Et quand une vidéo qui vend un produit obtient des pouces rouges (les fameux “dislikes”), en général, c’est même bon signe.

Pourquoi ?
Parce que lorsqu’une vidéo est vraiment vendeuse, les gens VEULENT le produit. Et puis ils se rendent compte que ça coute de l’argent. Et du coup, certains développent une forme de frustration, parce qu’ils veulent le produit mais ne souhaitent pas payer.

C’est la même raison pour laquelle les entreprises qui vendent des produits chers ont souvent davantage de haters que celles qui vendent des produits bon marché.

On le voit sur le web : les marketeurs qui vendent des masterminds à 10 000 ou 20 000 euros ont beaucoup plus de haters que ceux qui vendent des formations à 100 euros.
Et quand je dis beaucoup plus… l’ordre de magnitude ressemble à la distance qu’il y a entre la terre et la lune.

De la même façon, Apple a beaucoup plus de haters qu’Oppo. Et les gens qui portent des montres de luxe ont systématiquement, eux aussi, plus haters que ceux qui portent une Swatch.

Pourquoi ? Parce que ça suscite le désir, mais que c’est cher.
Et du coup, ça frustre pas mal de monde.


Quand on désire quelque chose, mais que c’est cher, et qu’on se résigne à l’idée de l’acheter un jour (parce que c’est trop cher, ou parce que ça serait gâcher de l’argent que de dépenser tellement pour avoir l’objet en question), on se met à détester l’objet en question, et les personnes qui y sont associées.

Ce n’est pas nouveau : ça fait partie de la nature humaine.
Ce n’est même pas forcément ni mal ni bien : c’est juste la réalité qui est comme ça.
Bref, c’est un fait comme un autre.

Et ce fait-là, il est aussi la raison pour laquelle les vidéos les plus vendeuses sont souvent celles qui obtiennent le plus de pouces rouges, ces fameux “likes négatifs” sur Youtube.

Et bien sûr, les vidéos qui vendent ne sont jamais les plus partagées. Ça va de soi.

Alors… comment peut-on prédire les ventes d’un créateur ?

Le seul critère qui permet de prédire les ventes d'un créateur, c'est... sa mailing-list !

C’est étrange quand même…

Après 15 ans passés à vivre du web, et 10 ans dans la création de contenu, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de collègues.

Et quand on se rencontre, on échange souvent des infos.

Et en échangeant des infos, on se rend vite compte d’une constante : à mailing-list égale (en quantité d’inscrits ET en qualité), deux créateurs qui ont un modèle de business proche gagnent souvent à peu près la même chose.

Pas exactement la même chose, ni à l’euro, ni même parfois à la dizaine de milliers d’euros près.

Mais ils sont souvent dans la même “zone” de revenus.

Ça veut dire que deux créateurs :

1- Qui sont tous les deux bons dans leur métier

2- Qui ont à peu-près le même modèle de business

3- Qui ont une mailing-list de la même taille, acquise avec les mêmes moyens, et entretenue au fil du temps (et donc, de taille et de qualité à peu près équivalente)…

Ces deux créateurs gagnent souvent à peu-près la même chose.

Peu importe le nombre de vues, de likes, de visites, peu importe la couleur de leur canapé ni leur signe astrologique, peu importe le nombre de cheveux qu’il leur reste sur la tête, peu importe qu’ils fassent de la vidéo, du texte ou des podcasts, peu importe qu’ils soient jeunes ou plus âgés, peu importe même la pointure de leurs chaussons.

La constante, dans nos métiers, c’est la mailing-list.

Et c’est la raison pour laquelle il est URGENT (si tu n’a pas commencé à le faire), de développer la tienne :

Avec une bonne mailing-list, tu fais des ventes quand tu veux.

Tu veux financer des belles vacances pour après le confinement ?
Pas de problème : tu crées une campagne d’e-mails.

La plateforme ou le réseau social sur lequel tu avais bâti ta carrière commence à être fui par les gens, au point que tu te demandes si tu as encore un avenir ?
Pas de problème : ta vraie plateforme, c’est ta liste d’e-mails. Et tu peux survivre à tous les effets de mode, et à toutes les évolutions des réseaux sociaux.

Tu t’es fait pirater tous tes comptes bancaires, tu as tout perdu, ton chat s’est fait kidnapper, et tu dois vivre dans un carton pour le reste de tes jours ?
Heureusement, il te reste ta mailing-list. Il te suffit d’envoyer quelques mails bien pensés pour faire des ventes.

Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de l’importance de se constituer une bonne mailing-list.

Dans ce métier, ta mailing-list, c’est ton capital, ton compte d’épargne, ton assurance, ta retraite, ton distributeur de billets, ta poule aux oeufs d’or, ta machine à sous….

En un mot, ta mailing-list, c’est TOUT.
C’est juste TOUT.

C’est le bien le plus précieux détenu par ton entreprise.

Le reste, à côté, c’est du plus.
Le reste, à côté, c’est pour s’amuser.
Le reste, en fait, c’est juste pour faire joli.

Parce que rien ne donne des résultats aussi prévisibles, aussi systématiques, aussi pérennes qu’une bonne mailing-list.

Cet article est tiré de "Rejoins le Mouvement", le journal quotidien des créateurs. Tu peux le recevoir gratuitement par e-mail chaque matin.