Coronavirus : comment sauver des vies

Chacun d’entre nous va pouvoir sauver des vies aujourd’hui et dans les semaines qui viennent.

J’y viens, mais juste avant, il fallait dire ça :

Pourquoi on a autant de mal à comprendre l’ampleur du problème :

Dans nos vies, on est habitué à des croissances lentes.

On est tellement peu familiers avec des choses qui augmentent de façon exponentielle qu’on a vraiment du mal à s’imaginer ce que ça veut dire, même si on arrive à le comprendre de façon théorique.

L’exemple le plus parlant d’une croissance exponentielle, c’est certainement la façon dont le feu se propage.

On a tous vu à la télé des forets de milliers d’hectares se transformer en cendres en l’espace de quelques heures. Parfois, tout avait démarré avec une simple allumette juste quelques heures avant.

Un feu de forêt : sa croissance est aussi exponentielle

Voici un autre exemple :

Imaginons que 1000 personnes soient infectés par un virus, et que le nombre de personnes infectées double tous les trois jours.

Au début, on se dit que ce n’est pas bien grave.

Mais au bout de trois semaines, si le chiffre double tous les trois jours, alors on serait déjà arrivé à… 25 000 personnes infectées.

Et au bout d’à peine 4 semaines, au chiffre de 643 000 personnes infectées.

Et au bout de 6 semaines, à… 16 MILLIONS de malades !

Les cas de Coronavirus en Italie, au 13 mars : une croissance elle-aussi exponentielle.
Source : Worldometers

Parce que ça fonctionne comme un incendie de foret.

C’est juste qu’au lieu de compter en heures, il faut compter en jours.

”Oui, mais c’est quand même pas la peste” :

Heureusement (et on a été chanceux sur ce coup là), la maladie n’est pas trop dangereuse pour la plupart de la population.

Par contre, le vrai danger vient d’ailleurs :

Plus ou moins 5% des personnes atteintes ont besoin de se faire hospitaliser.

Or, si on n’arrive pas à contenir l’épidémie, il n’y aura pas assez de lits ni de matériel médical pour soigner tout le monde
Y compris ceux qui souffrent d’autre chose que de ce virus !

Voici un graphique qui explique le problème :

Source : Vox

La barre en pointillé, c’est la capacité du système de santé.
Si rien n’est fait, le nombre de malades peut dépasser cette capacité.

Et voici le nombre de lits d’hôpital pour 1000 habitants, par pays :

Nombre de lits d’hôpital pour 1000 habitants. Source : Wikipedia

En France, il y a environ 6 lits pour 1000 habitants.
Dans les pays plus pauvres, c’est bien pire.

Et puis, il n’y a pas que les lits. Il y a aussi le problème du nombre de soignants disponibles, et de l’accès au matériel.

C’est la raison pour laquelle tous les efforts sont faits pour retarder la contagion, et faire en sorte que la majorité des personnes qui en ont besoin puissent avoir accès à des soins.

Cet excellent article démontre de façon mathématique que la chose la plus importante, c’est de tout faire pour diminuer le nombre de personnes infectées en moyenne par un malade.

Selon les calculs présentés dans cet article, si un malade infecte en moyenne 2.5 personnes (ce qui est le cas aujourd’hui en France), en 6 mois, on pourrait avoir 2 millions de morts (il ne s’agit pas d’une prévision, mais d’une démonstration mathématique).

Mais si on divise ce chiffre par 4 (deux fois moins de contacts, et des contacts distants qui divisent par deux la probabilité de transmission), et qu’on arrive à faire en sorte qu’un malade n’infecte que 0.62 personnes en moyenne, on arrive à 180 morts sur la même période !

Dans cet exemple de calcul, on passe donc de 2 millions de morts à 180, simplement en divisant par 4 le nombre moyen de personnes qu’infecte un malade.

On a tellement de mal à s’imaginer une croissance exponentielle, c’est tellement peu familier dans nos vies quotidiennes, qu’on a aussi du mal à saisir l’impact positif gigantesque que peuvent avoir quelques gestes simples :

Des gestes simples qui vont sauver des vies :

Face à un phénomène dont la croissance est exponentielle, un geste simple donne aussi des résultats exponentiels.

Des centaines de vies, voire des milliers, peuvent être sauvées en posant un acte individuel qui ne demande pas beaucoup d’efforts.

Rien qu’en allant faire ses courses tous les 4 jours au lieu de les faire tous les jours, on divise par 4 les risques de transmission du virus, à son niveau.

Rien qu’en marchant une fois sur deux au lieu de prendre les transports en commun, on la divise par 2.

Et ainsi de suite.

Le but n’est pas d’aller se cloitrer dans un bunker avec un masque à gaz. Mais juste de poser des gestes simples, qui ont pour effet de diviser les risques de propagation par deux, par quatre, ou même par dix.

On est aujourd’hui à un stade où une allumette vient de mettre le feu à un buisson. Beaucoup de gens disent de ne pas s’inquiéter, que ce n’est qu’un buisson.

Ils ne voient pas la forêt à côté.

Ce qu’on essaye de faire en prenant ses distances, c’est de couper des arbres qui auraient permis au buisson d’enflammer l’ensemble de la forêt.

Il y a de l’espoir :

Quelques pays ont réussi à endiguer la croissance de l’épidémie.

Peu importe que leurs chiffres soient 100% fiables ou non, la différence est quand même notoire :

La Chine :

Évolution du nombre de cas en Chine. Source : Worldometers

La Corée du Sud :

Évolution du nombre de cas en Chine. Source : Worldometers

Je ne suis pas épidémiologiste.
Je ne suis pas médecin.
Je ne suis pas non plus mathématicien.

Mais je comprends comme tout le monde en regardant ces courbes que beaucoup de gouvernements ont commis des erreurs qui couteront certainement des milliers de vies, en agissant trop tard.

La vérité, c’est qu’un virus ne connait pas de frontières.
Il s’en fout, lui, d’être en France, en Italie, ou en Chine.

On sait aussi que ce qui fonctionne, c’est la distanciation sociale.
Et que sans aller vivre dans une cave ni en haut d’une montagne, on peut chacun participer à l’aplatissement de la courbe.

C’est le moment de sauver des vies :

Il n’a jamais été aussi facile de sauver des vies.

D’habitude, c’est réservé aux héros. Plus maintenant.

Tout le monde peut le faire, juste en réduisant ses contacts avec les autres, en allant dans les magasins une fois par semaine au lieu de tous les jours, en dinant à la maison plutôt qu’à l’extérieur, en prenant des nouvelles de sa famille au téléphone plutôt qu’en allant les rencontrer.

Le problème, c’est que beaucoup ne feront pas ces gestes tant qu’ils n’auront pas d’images d’apocalypse devant les yeux.

Comme on a tous du mal à imaginer l’impact que peut avoir une croissance exponentielle, on se dit que tout va bien parce qu’on ne voit pas de zombies dans la rue.

La vérité, c’est que ceux qui sauveront le plus de vies sont ceux qui seront capables de faire ces gestes sans qu’ils aient besoin de voir des images horribles pour être convaincu de les faire.

Et qui arriveront à persuader d’autres personnes de les faire aussi.

Je voyage à plein temps, et je change d’habitude d’AirBnb toutes les semaines.

J’ai décidé d’arrêter de voyager, et j’ai étendu mon AirBnb actuel (à Varsovie) pour un mois.

L’AirBnb d’où j’écris ces lignes, à Varsovie.

Je vais faire mes courses une fois par semaine, au lieu de les faire chaque jour à la supérette du coin. Je ne dine plus à l’extérieur (d’ailleurs je ne peux plus, parce qu’en Pologne, tous les restaurants sont maintenant fermés).

Sans être un héros, on peut participer à cet effort.
Et sans être soi-même à risque, on peut le faire pour les autres.

Encore une fois : il n’a jamais été aussi facile de sauver des vies.

Au lieu de laisser tes enfants regarder les nouvelles inquiétantes qui passent à la télé, apprends-leur à devenir des super-héros qui sauvent des vies.

Au lieu de céder à la psychose, de t’enfermer chez toi avec 40 kilos de riz et 600 rouleaux de papier toilette, décide de gestes simples qui peuvent sauver la vie de plusieurs dizaines ou centaines de personnes à risque.

Pour une fois, on peut vraiment avoir un impact sur la vie des autres.

Certains d’entre-nous, dans les milieux du web, ont passé leur carrière à aider des gens à vivre une vie meilleure, à être heureux ou à s’épanouir.

Ils peuvent aujourd’hui faire davantage, plus simplement : sauver des vies avec des gestes simples. Et utiliser leur plateforme pour diffuser le même message à leur audience.

Ce simple texte que je suis en train de rédiger sauvera peut-être une vie, même si il n’arrivait à convaincre que vingt personnes de sortir moins souvent.

Si tu as toi aussi une audience, tu peux faire la même chose : c’est à ton tour…

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