On voit ça partout, dans des vidéos, des livres et des articles...

Le machin te fait culpabiliser dès que tu as une pensée pas assez positive, que tu t'es levé 10 minutes plus tard que prévu, ou que tu n'as pas eu ta meilleure journée de ventes aujourd'hui.

Du coup, quoi que tu fasses, tu te sens mal.
Tant que tout ne sera pas parfait dans ta vie, tu seras coupable de quelque chose.

C'est un projet de vie sérieux, ça ?
Qui peut vivre comme ça, franchement ?

À force de viser un idéal que seuls les robots peuvent atteindre, on en vient à oublier qu'on est des humains.

Et les humains sont cassés de partout. Plus ils ont vécu, plus ils ont fait de choses, et plus ils sont abimés.

Ils ont tous un bagage qu'ils traînent. Ils ont tous des doutes. Ils ont tous des regrets. Ils sont tous malheureux un jour ou l'autre. Et ils font tous de la merde à un moment.

Ça fait partie du truc. C'est normal. C'est sain.

C'est comme ça qu'ils fonctionnent, les humains : ils ont des hauts et des bas.

Et ces hauts et ces bas donnent une moyenne qui s'appelle la vie.

On en a vu passer, des gens qui se croyaient parfaits, ou qui croyaient pouvoir le devenir un jour. Soit ils ont déchanté depuis, soit ils sont complètement partis en vrille.

Parce qu'ils n'étaient pas faits pour vivre comme des robots. Ils étaient humains. Et les humains ont des hauts et des bas. Leur vie, c'est la moyenne entre les deux.

Les artistes qui ont laissé leur nom dans l'histoire étaient souvent des gens abimés par la vie.

Les génies qui ont changé le monde étaient souvent des gens cassés de partout.

Et ceux qu'on aime le plus sont tellement imparfaits que s'ils étaient des robots qu'on aurait acheté, on aurait réclamé le remboursement, spammé la Répression des Fraudes, et même peut être porté plainte pour escroquerie dans les 10 minutes qui auraient suivi l'unboxing.

Mais on les aime, justement parce qu'ils ne sont pas des robots.

Ce sont toutes leurs imperfections qu'on aime. Pas que ça, mais ça fait partie du package qui s'appelle la vie.

Qui voudrait d'un monde rempli de gens parfaits ? Qui voudrait vivre au pays des robots ?

Foutez-nous la paix.
Laissez-nous vivre.

Un projet dans lequel l'objectif est inatteignable, c'est un projet qui rend malheureux.

Et ceux qui veulent devenir parfaits finissent par devenir l'inverse : déçus et frustrés.

Cet article est tiré de "Rejoins le Mouvement", le journal quotidien des créateurs. Tu peux le recevoir gratuitement par e-mail chaque matin.