Un petit article sur le corporatisme, communément appelé capitalisme par beaucoup de Français (mais c’est une erreur : c’est même l’inverse exact du capitalisme).

Le meilleur exemple pour comprendre ce qu’est le corporatisme, ce sont les chauffeurs de taxis.

Quand il y a de la concurrence, au lieu d’essayer de faire mieux, ils demandent des règlementations qui leur permettent de continuer à se partager le marché entre-eux.

Il s’agit d’utiliser la force pour se protéger de la concurrence, au lieu d’essayer de devenir meilleur qu’elle.

La mafia fonctionne de la même façon. Le MEDEF et les cartels aussi.

Ils utilisent la force pour lutter contre la concurrence, plutôt que d’essayer de devenir meilleurs.

Beaucoup de gens (comme moi) pensent que plus il y a de concurrence plus la qualité moyenne augmente, et croient que le rôle de l’Etat est justement de garantir le libre exercice de l’innovation, en protégeant les citoyens des cartels et de tous ceux qui voudraient utiliser la force plutôt que le libre choix des gens pour imposer leurs produits, leurs idées ou leur façon de vivre.

Le souci, c’est qu’on nous assimile aux cartels de notables qui protègent leurs territoires, aux grands patrons qui ont les ministres en speed dial, et au MEDEF.

Alors qu’on n’a rien à voir avec leur vision du monde.
On est tout aussi opposés aux idées de ces gens-là que le sont les anti-capitalistes de Notre-Dame des Landes. Voire encore davantage.

Mais il n’existe pas de parti pour nous. Parce qu’à la fois la gauche et la droite cherchent à protéger ceux qui votent pour eux en utilisant la force de la loi. Au lieu de laisser les gens libres, et de garantir à tous la liberté de confronter des idées et des projets à la réalité.

L’anti-corporatisme, c’est l’idée qui consiste à croire que les petits peuvent renverser les puissants si ce qu’ils proposent est choisi par la majorité.

C’est l’idée qui consiste à croire que n’importe qui, même en étant né derrière les poubelles, peut devenir un grand. Pas parce qu’il connaît du monde, mais parce qu’il a fait mieux que les autres.

C’est l’idée qui consiste à vouloir que les puissants ne le restent que tant qu’ils sont meilleurs que les autres. Et que dès que les gens choisissent autre chose que ce qu’ils proposent, ils redeviennent des petits.

C’est l’idée la plus juste, la plus libre et la plus belle qu’on puisse avoir de la société.
C’est David contre Golliath. L’intelligence du petit contre la force du grand.

Moi je trouve ça beau.
Mais quand on croit à ça, on nous range souvent dans une case qui est la même que celle de ceux qui pensent exactement l’inverse.

Et c’est bien dommage…

Cet article est tiré de "Rejoins le Mouvement", le journal quotidien des créateurs. Tu peux le recevoir gratuitement par e-mail chaque matin.