Le problème des diplômes, c’est qu’ils nous portent à croire qu’une fois qu’on les a décrochés, l’école est finie.

On pense qu’avec un BTS communication, on “devient” communiquant. Qu’en finissant la fac de médecine, on “devient” toubib. Ou qu’après l’IUFM, on “devient” prof.
C’est faux, et voici pourquoi.

Tout ce que te donne un diplôme, c’est le droit de commencer. Un ticket d’entrée. Pas plus. Et encore…

Ceux qui croient le contraire sont destinés à l’échec. Parce que dans 25 ans, d’autres auront multiplié leurs connaissances par cent ou mille. Pendant que toi, tu seras condamné à te limiter au peu que tu auras appris à l’école il y a un quart de siècle.

Les diplômes sont dangereux, parce qu’ils nous font croire que le voyage est fini au moment où le train s’arrête à la première gare.

Un de mes proches est expert en Histoire. Il a entretenu des correspondances poussées avec les plus grands auteurs, en France et à l’étranger. Il a collé bien des fois un chercheur ou un professeur sur des sujets qui semblent ésotériques pour vous et moi. Il connaît davantage la campagne d’Autriche de 1805 que je ne connais le contenu de mes poches. Il en sait plus sur le Directoire que j’en sais sur l’heure qu’il est.

Il n’a pas passé sa vie à l’Education Nationale. Mais à la SNCF, où il était ouvrier. Tourneur-ajusteur, dans un atelier qui réparait les freins.
Son diplôme ? Le certificat d’études.

Ses amis ? Des historiens reconnus, des écrivains, des généraux d’armée. Et des héros, des gens au destin exceptionnel, qui sont entrés dans l’Histoire.

Oui, c’est rare pour un ouvrier. Mais dans son cas ce n’est pas étonnant, et voici pourquoi :

Quand ses collègues regardaient un match de foot, il lisait. Quand ses collègues vidaient des bières à la cafet, il étudiait. Quand ses collègues collectionnaient les disques de Johnny, il complétait sa bibliothèque avec des livres rares. Quand ses collègues discutaient du beau temps, il écrivait à des auteurs. Quand ses collègues se doraient le ventre sur la Côte d’Azur, il visitait Stalingrad, Valmy ou Dien Bien Phû.

Bien sûr, il y en a d’autres comme lui.
Et d’ailleurs, internet est une chance qu’il n’a pas eu.

Parce qu’un service comme le Kindle Store, qui permet de télécharger un livre en deux minutes et de transporter une bibliothèque de 500 livres dans un Kindle de 300 grammes, ça n’existait pas.
Parce qu’un océan de connaissances libres et gratuites comme Wikipedia, ça n’existait pas.
Parce qu’en son temps, les obstacles à la connaissance étaient aussi épais que la muraille de Chine. Alors qu’aujourd’hui, le monde est à un clic de ton salon.

En lisant plusieurs livres chaque semaine, puis en te plongeant dans la biographie de leurs auteurs, en achetant les ouvrages cités en référence, en remplissant des cahiers de notes, en collectionnant des articles de référence, en s’inscrivant à des séminaires… On apprend.

Et on apprend certainement davantage que sur les bancs d’une école. Et avec certitude, davantage que sur les réseaux sociaux.

Pendant cet apprentissage, note toutes tes idées. Puis relis-les, trie-les, et tu constateras qu’elles font des petits. Qu’elles se reproduisent.

Les informations que tu vas collecter, les conclusions que tu vas en tirer, et les idées que tu vas découvrir, certains payent plusieurs dizaines de milliers d’euros pour y accéder. Sans jamais les assimiler.

Ce que tu vas gagner en faisant ça vaut tous les doctorats, tous les MBA et tous les masters du monde.
C’est le moment de s’y mettre : ça n’a jamais été aussi facile…

Cet article est tiré de "Rejoins le Mouvement", le journal quotidien des créateurs. Tu peux le recevoir gratuitement par e-mail chaque matin.