Il y a trois objectifs successifs dans l’entreprenariat :

1- Gagner sa vie

Le premier objectif est souvent le plus difficile à atteindre. Après ça, tout devient plus facile.

C’est aussi celui qui apporte le plus de satisfaction, et qui change le plus la façon dont on passe ses journées.

On a davantage de transformations dans sa vie personnelle quand on passe du salariat à gagner sa vie, que quand on passe même d’une vente à dix ventes par jour.

Aucun autre palier n’apportera plus d’améliorations dans la façon dont on vit sa vie et ses journées. Même pas quand on multipliera ses revenus par dix ou par vingt.

Bref, une fois qu’on a passé le premier palier, la vie n’est juste plus la même, et tout devient plus facile.

2- Atteindre des revenus confortables

Une étude américaine avait montré que l’argent fait vraiment le bonheur. Ou en tous cas, qu’il rend beaucoup plus heureux.

Il y a juste une limite :

Selon les chercheurs, lorsqu’on dépasse les 95 000$ par an, ce n’est plus vrai. Ce qu’on gagne au-delà de ce montant ne crée plus vraiment de différence dans la façon dont on se sent.

Ce chiffre est différent pour chacun (c’est une moyenne), en fonction de son mode de vie et de sa situation familiale, et de l’endroit où il vit.

Certains sont parfaitement heureux avec 2 000€ par mois. Et d’autres ont besoin de beaucoup plus pour l’être.

Bref, le deuxième objectif est d’atteindre le montant qui permet d’avoir la vie dont on rêve, pour soi et pour ses proches.

3- Remplacer ses revenus

La troisième étape ne consiste pas à faire son tri sélectif dans des sacs Vuitton, à remplacer le papier toilette par des liasses de dollars, ni à mettre du caviar sur les tartines des enfants pour le petit dej.

Elle consiste à se créer un capital qui permettra peu à peu de remplacer ses revenus issus du travail, juste en utilisant les intérêts de ses placements.

Si l’épargne est placée à 10% (c’est à peu-près ce qu’on gagne tous les ans en plaçant son argent dans un ETF indexé sur le S&P 500, ou selon les principes du Permanent Portfolio, ou encore selon n’importe quelle stratégie conservative autre que celles proposées par les banques), on peut se permettre d’en retirer 4% par an.

4% par an de retraits, ça veut dire qu’on ne touche pas au capital, et qu’on est tout de même protégé de l’inflation.
On fait aussi entrer les taxes dans le calcul : le chiffre sera différent selon les pays.

En gros, si on ne compte pas prendre sa retraite dans un pays qui taxe beaucoup les intérêts, et si on n’est pas sujet à une exit tax, on peut prévoir des retraits de 4% par an.

C’est la fameuse « règle des 4% » dont parlent beaucoup de livres sur la retraite.

Pour survivre à la retraite, il faudra un capital de 400 000€.
(En retirant 4% par an, soit 16 000€, on se retrouvera avec 1 333€ par mois).

Pour avoir une bonne retraite, il faudra un capital d’un million.
(En retirant 4% par an, soit 40 000€, on se retrouvera avec 3 333€ par mois).

Pour péter le score, il faudra un capital de 3 millions.
(En retirant 4% par an, soit 120 000€, on se retrouvera avec 10 000€ de retraite chaque mois, ce qui est quand même plutôt rare).

Certains préfèrent investir dans l’immobilier, et vivre des loyers. Ça revient au même, même si le calcul sera différent.

Bref, voilà à quoi sert d’essayer de gagner plus, quand on vit déjà bien.

Pas à se donner les moyens de remplir sa baignoire de Veuve Cliquot à chaque fois qu’on se lave.

Mais à viser un remplacement des revenus du travail par ceux de l’épargne.

Et pour gagner pareil qu’avant à la retraite, il y a quand même du boulot. A moins de s’y prendre tôt...

Cet article est tiré de "Rejoins le Mouvement", le journal quotidien des créateurs. Tu peux le recevoir gratuitement par e-mail chaque matin.