J’adore mon métier.
Mais il y a quelque chose dedans que je n’aime pas, c’est qu’il rend euphorique les jours où ça marche, et de mauvaise humeur les jours où ça ne marche pas.

Pendant plusieurs périodes, j’arrêtais complètement de regarder mes statistiques, pour cette raison.
Quand je devais me connecter à ma plateforme de vente pour faire une modification ou créer un produit, je mettais ma main ou un papier pour cacher l’endroit où les chiffres s’affichaient.

À un moment, j’avais même bidouillé un plugin de blocage de publicités pour qu’il cache mes les stats des ventes…

Et ça marchait : pendant ces périodes là, j’étais vraiment détendu.
Je prenais juste du plaisir à créer mon contenu.

J’avais réussi à ne plus mettre les yeux sur mes statistiques que lorsque je travaillais sur ma stratégie. Mais jamais au jour le jour.

Il y avait un problème pourtant : comme je ne connaissais pas mes stats, je ne savais pas s’il fallait continuer une promo, ou la remplacer.
Je ne savais pas si c’était une bonne idée d’en parler à nouveau ou pas.

Je ne savais pas si l’angle choisi pour un lancement était le bon, ou s’il fallait le corriger en cours de route.

Je travaillais à l’aveugle.

Et c’est pour ça que j’avais arrêté… jusqu’à inventer :

L’INDICATEUR NON-VIOLENT (INV) :

L’indicateur non-violent, c’est un écran qui affiche juste « BIEN », ou « PAS BIEN ».

« PAS BIEN » si les stats de la veille sont en-dessous de ton objectif.
Et « BIEN » si elles sont au-dessus.

Que cet objectif ait été atteint ou pas la veille, c’est la seule chose qu’il faut savoir pour décider si l’on continue une promotion ou pas. Ou s’il faut trouver un autre angle, parce que celui de la veille n’a pas convaincu.

J’ai bidouillé une formule Excel sur mon tableur de statistiques Google Sheets (qui est alimenté par Zapier à chaque vente) pour qu’une cellule affiche juste si les résultats de la vielle sont en-dessous ou au-dessus de cet objectif.

Et j’ai repris ce résultat sur un écran Geckoboard, pour avoir un habillage graphique plus joli.

C’est ce que j’appelle l’indicateur non-violent (INV).

Comme on ne voit pas les chiffres, on ne devient pas automatiquement euphorique lorsqu’on dépasse tous ses records (c’est mauvais, l’euphorie : la redescente fait beaucoup de mal).

Et on ne passe pas non plus la pire des journées quand on a très peu vendu, parce qu’on ne sait pas si on a manqué l’objectif d’1 euro ou de 1000.

Bref. On a assez de données pour prendre les décisions qui comptent, mais pas assez pour impacter son humeur.

J’ai aussi développé un système d’actions à faire pour corriger le cours d’une promotion ou d’un lancement en fonction du résultat de cet indicateur.
Je n’ai plus qu’à suivre le mode d’emploi.

C’est tout bête, mais je suis assez content de moi...

Cet article est tiré de "Rejoins le Mouvement", le journal quotidien des créateurs. Tu peux le recevoir gratuitement par e-mail chaque matin.